Pourquoi sont ils accro aux écrans? 5



« Tous les hommes sont libres et égaux en droits sauf devant les écrans notamment nos enfants. »

 Bienvenue,

Les Français passent près de 320 minutes par jour, soit 5 heures et trente minutes par jour devant leurs écrans. Un chiffre plutôt raisonnable lorsqu’on constate que les Américains passent plus de 400 minutes sur leurs écrans. Le plus impressionnant sont les Indonésiens, 1/3 de leur journée sont passées devant un écran. C’est énorme cela voudrait dire plus de 500 minutes, soit près de 9 heures par jour. Tout cela explique pourquoi je n’en vois jamais dans nos écrans vu qu’ils sont toujours devant.  Blague à part!

Depuis la nuit des temps, l’homme a toujours été attiré par la lumière. Elle est une source d’information, rassurante et chaleureuse à l’image du soleil. Même la lumière artificielle a été un repère grâce aux phares pour les navigateurs, les explorateurs se servaient de la lumière des étoiles. De nos jours les sources lumineuses se sont multipliées et leurs sens ont ouvert de nouveaux champs. On est passé du feu ardent à des écrans. Mais à combien d’écrans?

Car ils sont partout, sur les murs de nos villes, dans nos maisons et même dans nos poches avec les téléphones et tablettes. Faut-il s’en méfier ?  Y-at-il des répercussions sur nos enfants ? Comment faut-il agir?

Sur la question de savoir si il faut s’en méfier: je ne sais pas encore par contre cette simple phrase du patron de TF1 m’a fait froid dans le dos: la télévision: « c’est du temps de cerveau disponible » 

Avoir du temps disponible, entre nous c’est bien cela qu’on attend des écrans lorsqu’on place nos enfants devant, le temps de faire rapidement autre chose ou être tranquille au restaurant.

Donc le problème ne réside pas dans les écrans mais dans notre rapport aux écrans.

Tout en restant vigilant car il a tout de même été reconnu chez l’enfant qu’un excès d’écran: 

  • Entrave au développement du langage;
  • Favorise le surpoids ;
  • Augmente le risque d’attitude passive face à la réalité;
  • Réduit l’intérêt en classe et l’habilité aux maths;
  • Engendre des troubles physiques comme des problèmes de sommeil, d’attention, et des troubles dans la relation interpersonnelle.

Pour vous accompagner l’association 3-6-9-12 de Serge Tisseron (formation et prévention sur les écrans) préconise une approche en fonction de tranche d’âge:

  • Pas de Tv avant 3 ans;
  • Pas de Console avant 6 ans;
  • Pas d’internet avant 9 ans;
  • Pas de réseaux sociaux avant 12 ans.

Essayons de nuancer ses différents points sans avoir un point de vue rigide comme les 10 commandements.

 

Antoine Geiger Pereception

A partir de 3 ans, il est judicieux d’abord de distinguer les écrans interactifs et non interactifs.

Les écrans interactifs sont les tablettes qui peuvent être vues différemment s’il y a un accompagnement, lorsqu’il y a de l’interaction par le jeu. A l’image des autres mammifères, les enfants apprennent beaucoup par le jeu mais sur un temps court. Avec les tablettes, ils apprennent par la manipulation de celle ci mais selon Piaget, un tout petit est dans un rapport sensoriel moteur, cela manque sur une tablette donc c’est incomplet. De plus, il y a un risque de perturbation dans le rapport au temps; dans une histoire il y a un début et une fin. Chose qu’il n’y a pas avec la tablette; c’est un éternel présent. Les écrans interactifs, contrairement à un livre, permettent d’accroître la focalisation avec une lecture verticale. Les écrans interactifs font développer une compétence que les adultes perdent: la compétence hypothético-déductible. Je m’explique: il arrive souvent qu’on pense que les enfants sont plus doués avec la nouvelle technologie. Erreur: c’est juste qu’ils sont plus téméraires et ils répètent la tâche jusqu’à trouver ce qu’ils recherchent. Ils accumulent les hypothèses sans craindre de se tromper pour en déduire la bonne pratique.

Passons aux écrans non interactifs. Ils peuvent être considérés comme une pollution audiovisuelle par leur omniprésence. On a tous parfois cette télévision en fond pour créer une ambiance. Cette simple présence est un perturbateur pour l’enfant car même si il ne la regarde pas il réduit son temps de concentration en plein jeu; à tout moment il sera happer par un bruit. Prenez un instant et vous remarquerez que lorsque arrive les publicités le volume st plus fort dans le but de capter notre attention.

Ce qui est nuisible avec les écrans, surtout avec la télévision c’est souvent qu’ils ne sont pas adaptés à l’âge de nos enfants. Assurer vous bien de tomber sur des programmes adaptés. Même les chaines d’informations peuvent contenir des images choquantes. 

Une fois que vous lui aurait mis un programme adapté (attention les programmes tous publics ne pas aussi adaptés à leur âge parfois) et bien la meilleure chose à faire c’est de regarder avec lui tout en créant l’interaction en commentant vous même les images. Et arrêtez de croire que Dora est interactive car elle ne prend pas en compte les réponses de votre enfant. Sauf si vous la trouvez plus interactive que vous…

Pour s’assurer d’un bon contrôle des images favorisez les écrans comme la TV et le PC dans les pièces communes.

Concernant la petite enfance, l’intelligence narrative n’est pas encore mature d’où la raison pour laquelle il regarde plusieurs fois le même film et d’où l’intérêt des films de 10 minutes. Le but de la narration c’est de comprendre puis de pouvoir raconter correctement d’où le risque d’être choqué par une scène avec une position non structurante. Attention aux bandes annonces de film, le fil narratif est maintenu en suspend. 

Apprenez à limiter la durée. Ne pas couper en plein milieu comme toute activité. Par exemple en limitant le nombre de dessin animé s’il négocie c’est qu’il a compris la durée, puis pourquoi ne pas discuter avec lui pour le sortir de l’immersion par exemple.

 

Vers l’âge de 6 ans, l‘enfant commence à maitriser « le faire semblant » et à développer son jardin secret. Il accède à la représentation et au symbolisme. C’est l’âge du second degré, la théorie de l’esprit qu’on appelle aussi la théorie de l’empathie. D’où l’importance de mettre à distance les jeux vidéos.

 

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Au mieux si vous voulez le laisser découvrir cet univers, mettez lui des jeux adaptés à son âge représentés sur les boîtes par l’appellation PEGI (Pan European Game Information) ou les différentes images 

 

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Les enfants de cette génération considèrent les écrans comme des jouets. Mais si votre enfant passe trop de temps dessus, c’est peut-être qu’il veut faire comme les grands ou qu’il veut casser le sentiment de solitude. Parents, prenez en compte que s’ennuyer n’est pas non plus un mal en soi. Donc mieux communiquer plutôt que d’accuser ses jeux vidéo, et prendre le temps de jouer avec lui.

On peut s’interroger du temps que doit passer un enfant devant sa console, idem pour les autres écrans. Et bien, je ne tiens pas à mettre de chiffre car cela serait aléatoire sans personnaliser la situation. Le mieux est de comparer le temps passer devant un écran, au temps perdu à être sur autre chose.

Je m’explique s’il passe 30 minutes par jour en semaine et 2 heures le week-end sur sa console et qu’il fait au moins 8 heures d’activités extra scolaires il est difficile de lui reprocher quelque chose surtout si son comportement à coté est adapté.

Cependant, s’il en devient nerveux, colérique, s’il s’en sert pour se réfugier dans la fuite de tout, il serait pertinent de rétablir le dialogue. N’instaurez pas en premier lieu la punition mais mettez un cadre restrictif progressivement. Prévenez votre enfant que vous allez arrêter la partie afin qu’il puisse la sauvegarder, sinon c’est un peu comme arracher un livre au milieu d’une phrase sans mettre de marque page. Lors du dialogue essayez de voir avec lui la difficulté du jeu car un jeu trop difficile entraînera des échecs répétitifs et de l’énervement. Progressivement essayez de dénouer le coeur du problème.

Pour définir ce qu’est un cas extrême, je pense qu’à partir du moment où vous éprouvez un intérêt à mon article; vous êtes déjà des parents vigilants et prévenants. Dans la plupart des cas les parents avec des enfants à problème lirons les articles avec une orientation médicale. C’est pour cela faites vous confiance et restez attentifs au retour d’autrui.

La plus grande peur vient principalement sur le distinguo entre le monde réel et fictif. Les enfants n’ont d’ailleurs pas toujours envie qu’on leur rappelle que ce n’est pas réel, au fond ils savent faire la différence. Jusqu’à 7 ans, ils s’amusent avec les objets de leurs désirs, ici les personnages de jeux vidéo. On a souvent entendu, notamment dans les médias, que les jeux de tirs font de nos enfants des futurs tueurs en série. A l’image des tueries aux Etats Unis, mais nous sommes en France….? D’autant plus que si vous faites vos propres recherches, vous trouverez que le nombre de joueur à exploser mais que la criminalité à réellement baisser.

Au delà de tout cela, il a été démontré que les jeux vidéos les aident aussi à développer leur imagination. Les joueurs de jeux vidéo ont de meilleurs réflexes et sont plus multitâches. Après je ne dis pas qu’être multitâches c’est être plus efficaces. Je vous laisse découvrir  mon point de vue sur l’article « vous valez mieux que superman. »

 

Antoine Geiger #Perception enfant #addiction #écran #éducationC’est un autre point de vue si on s’intéresse à pas d’internet avant 9 ans.

On sait que 80% des programmes n’est pas adaptés à des jeunes enfants et bien internet est encore moins réguler pour eux. Les premières navigations se font accompagnées. Il faut se l’avouer le risque principalement avant la divulgation de données privées ou être la cible de pirate c’est de tomber sur des images pornographiques. La plupart du temps ces images seront véhiculer entre ami. Souvent l’enfant qui va tomber sur ses images pornographiques va être touché. Il sera prit dans un dilemme entre l’intériorisation/ l’extériorisation de ce choc émotionnel. Il aura une tendance à ne pas échanger cela avec un adulte, même un parent, de peur d’être culpabilisé. Alors il va se tourner vers un camarade de classe par exemple, pour voir comment ce dernier va réagir dans le but de se rassurer sur ce qu’il a ressenti (s’il juge cela bien ou mal). C’est en cela qu’il est primordial très tôt donc vers 3 ans de faire intégrer l’importance de l’échange. Ce que je dis n’est pas facile car pour nous même adultes, il est difficile de parler de soi mais si on le fait plus régulièrement l’enfant sera plus tenté de parler avec un parent qui lui parle aussi de ses propres émotions. Jetez un regard sur mon article : Soyez malin: sans fessée, ne devenez pas une tête à claques.

 

Antoine Geiger PereceptionOn parle des réseaux sociaux à partir de 12 ans parce que c’est en lien aussi avec l’âge d’entrée au collège où les amis de classe sont parfois des connaissances distantes du périmètre du domicile. C’est l’âge où ils sont en possession d’un smartphone et adeptent aux applications. Il faut déjà se l’avouer, on se trouve vite dépasser par les indénombrables applications concernant les réseaux sociaux. D’où ironiquement, on aime cité ce vieux slogan « c’était mieux avant »

On serait bien tenté de les espionnés avec un faux compte, vous pouvez essayer mais bien souvent il s’en apercevra assez rapidement et il risque de vous orienté vers un faux compte ou de vous bloquer. Mais rien n’empêche de mettre des règles notamment pour la protection de la vie privée au risque que votre vie à vous soit publier par inadvertance sur la toile.

Le plus dur sera d’accepter qu’une certaine distance risque de se créer entre vous. Les réseaux, l’internet, les écrans ne seront qu’un vecteur. Il aurait fait différemment en trainant avec des groupes d’amis dehors sur lesquels vous auriez très peu de renseignement. N’oubliez pas, on se rapproche de la fameuse « crise d’adolescence ».

Voici une perception des choses: avant la crise d’adolescence vous êtes dans un rapport vertical avec l’enfant. C’est moi l’adulte donc c’est moi qui sait. Hélas, les ados évoluent à ce niveau dans un rapport horizontal, il est dans une recherche d’identification se rapprochant de ses valeurs et nous adultes on pense à l' »ancienne » « c’était mieux avant ».

La technologie actuelle a apporté une évolution dans la culture et un changement dans les rapports à autrui. Il vont plus facilement trouver des personnes de même tranche d’âge, centre d’intérêt, vision du monde en étendant le savoir à leur façon.

« L’appétit du savoir rend infidèle à l’orthodoxie parentale »

En clair, ton gosse cherchera à aller voir ailleurs.

Même dans nos médias, les choses évoluent. Nos parents furent la génération qui restaient devant la télé devant le journal télé; pendant que nous sommes la génération qui préfere la vidéo à la demande. Alors que nous nous attachions à certains animateurs télé; nos ados s’intéresseront plus aux YOUTUBEURS. Est ce que je me trompe?

 

Chez nous nous n’avons pas banni la télé, il a regarde ses 2 ou 3 épisodes sur france tv avant d’aller à l’école pour qu’il est conscience du temps. Pourquoi sur France Tv? Le programme est adapté à son âge et surtout il n’y a pas de pub. C’est une des raisons pour lesquelles nous avons banni Youtube ; pour limité déjà les contenus, les risques de diffusion non adaptés, la pollution des pubs puis ce sui a été our nous un déclic ça a été le fait que nous nous soyons rendus compte qu’il était fan des vidéos d’autres enfants en train de jouer alors que parfois il a le même jouet à coté.

De toute façon, ils nous surprendront toujours. Pour anecdote, je ne suis pas un fan de foot donc pas de match à la maison, mais il n’est pas rare que mon fils de 3 ans me réclame du match à la télé. A cet âge il n’a aucune notion d’implication des équipes. Ce qu’il recherche c’est l’ambiance, l’échange, la complicité, la joie lors du mondial. Et oui mes amis, Champion du monde une 2ème fois en 2018. En somme, il réclame cette interactivité.

 

Pour conclure par rapport aux écrans, comme a dit Coluche: « Je suis n’y pour, n’y contre bien au contraire ». Je m’efforce à ne pas limiter le dialogue direct. C’est en cela qu’avant de penser à lui interdire il serait bon de montrer l’exemple et de faire partager le message.

Avez vous déjà essayé de faire par moment des dièts numériques. C’est très révélateur!

Serge Tisseron dit qu’il est utopiste de vivre sans écran sans définir de quel écran il parle. De la même façon qu’il existe une diététique alimentaire, il doit exister une diététique des écrans: on ne mettrait pas n’importe quoi dans sa bouche alors soyons aussi attentif de ce que l’on met devant nos yeux.

 

 Ce qu’il faut retenir :

  •  Avec la multiplication de la technologie, le zéro écran n’est pas possible
  • Il ne faut pas se contenter d’interdire mais lui apprendre à fixer un cadre avec les écrans.
  • Maintenir le lien avec celui ci en l’accompagnant tout au long du visionnage, en lui parlant et lui faire parler autours des écrans.
  • Etablir de règles sur le temps d’écran.
  • Favoriser les écrans comme la tv et pc dans les pièces communes
  • Prenez compte des programmes en fonction des âges
  • Privilégiez les jeux numériques collectifs que individuels
  • L’enfant est souvent à notre image
  • Pour pouvoir réguler l’enfant, il faut savoir si on sait se réguler aussi 
  • Faites passer le mot autour de vous pour vivre l’expérience de chacun.

 

Source: 

 

Merci Olivier Duris (psychologue clinicien et membre de 3-6-9-12) pour ta conférence à Osny, numerikids.com, www.pedagojeux.f,  Ouvrage de Serge Tisseron « 3-6-9-12, Apprivoiser les écrans et grandir », Ouvrage de Pascal Minotte  » Dévoreurs d’écrans – Comprendre et gérer nos appétits numériques », insee.fr et un grand big up à ce jeune français Antoine GEIGER pour ses photos très prenante. 


A propos de Kiazin

Une perception masculine de la place de père vu par ce blog et corriger par toi. Ici viens dialoguer de sujet multiple tant que tu t'y retrouves.

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5 commentaires sur “Pourquoi sont ils accro aux écrans?

  • Mam’s Enjoy

    J’ ai lu c pas mal , moi aussi j’ai un point de vu personnel: positif et negatif, je parlerai de mon exemple positif : quand ils sont petits , les mettrent devant un ecran ( tv, tel , autre) au moment ou je suis preocuppeé , occupé , absent, distrait , …c securisant pour moi car l’enfant reste sage et calme pas de bêtise , moi aussije reste calme., mais cqui reste c lechoix du support et le contenu.

  • Houss

    Je me retrouve complètement dans cet article vraiment complet ! Comme tout parents je pense . je suis de l’époque de transition, ayant découvert les ordinateurs et les réseaux sociaux peu après l’adolescence je pense qu’il faut vraiment limitée les écrans pour nos enfants et sélectionner les programmes. Une phrase m’a interpellé

    « et ceux qui nous a choqué c’est que pendant un moment il était fan des vidéos d’autre enfant en train de jouet alors que parfois il a le même jouet à cotés. »

    C’est exactelent pour ça que j’ai mis le Ola à ma fille de 5 sur YouTube.

  • Anonyme

    Vivre avec son temps, c’est se poser des questions, rechercher, échanger, c’est ce que nous apporte l’article, tout à fait d’accord avec anti- c’etait Mieux avant

  • Sandrine R

    Etant institutrice, j’ai assisté à la conférence de Serge TISSERON il y a quelques années. Cet article a le mérite de vulgariser les idées essentielles développées (importance de ne pas nier l’écran, l’indispensable présence de l’adulte pour verbaliser les images qui peuvent, même dans un dessin animé, être oppressantes). Il est vrai que nous accueillons des enfants de 3 ans en PS qui n’ont pas une maturité langagière correspondant à leur âge qui peut s’expliquer de différentes manières. L’écran ne peut être seul responsable du décalage entre les enfants, mais il est vrai que remplacer le livre ou la discussion pendant les repas peut créer certaines lacunes. Il faut penser à une présence parentale ou de l’adulte qualitative sans pour autant qu’elle soit quantitative.

    • Kiazin Auteur de l’article

      Merci pour ce retour, c’est intéressant d’avoir un point de vue d’une personne qui quantativement et qualitativement rencontre des enfants à un âge assez précoce. Encore merci